Bijouterie, Joaillerie, ou Fantaisie ?

Fantaisie, Bijouterie, Joaillerie, on finit par se perdre dans les subtilités de ces différents domaines. Pourtant, les différences sont importantes, en terme de techniques, de matériaux, et donc de prix !

Les métiers liés au bijou sont nombreux, et nous ne les aborderons pas tous ici.

Pour en savoir plus, je vous recommande de visiter le site de l’Institut National des Métiers d’Art (INMA[1]).

Voici quelques éléments pour vous permettre de dissocier les différents domaines de la bijouterie, et donc les différentes gammes de bijou.


[1] INMA : https://www.institut-metiersdart.org/metiers-art/fiches-metiers/bijouterie-joaillerie-orfevrerie-horlogerie

Le bijou et la pierre

La bijouterie peut utiliser des matériaux très variés. C’est le premier moyen pour différentier les catégories de bijoux.

Lorsqu’on parle de bijou, on pense souvent pierre ou perle.

Il existe 3 grandes catégories de pierres :

  • L'appellation "pierres précieuses", correspond à des pierres dont la rareté et la pureté sont remarquables. A ce jour, cette liste est composée du diamant, du saphir, du rubis et de l’émeraude. On parle parfois de la topaze également.
  • Les pierres fines d’origine minérales regroupent toutes les autres pierres qui n’appartiennent pas à la liste des pierres précieuses. L'appellation « pierres semi-précieuses » longtemps utilisée n’est plus autorisée en France.
  • Les pierres fines d’origine organique, qui sont produits naturellement par des animaux ou des végétaux, comme l’ambre, le corail, la nacre, et donc les perles naturelles.

NB : l’appellation « perle naturelle » est une appellation règlementée, qui ne regroupe que les perles composées de nacre, et produites par des mollusques marins.

Les pierres, quelle que soit leur origine, ont cette particularité de ne jamais se ressembler, même si elles sont été taillées dans des cristaux de même variété. Parfois, ces différences ne se voient pas à l’œil nu. Ainsi, deux bijoux réalisés suivant les mêmes techniques pourront être différents en raison des particularités des pierres qu’ils habillent.

Bien que les bijoux n’en soient pas systématiquement pourvus, les pierres sont un moyen de dissocier le type de bijouterie. La Joaillerie et la Bijouterie utiliseront les pierres fines et précieuses, là ou la bijouterie fantaisie utilisera du verre, du plastique ou des résines synthétiques.

les autres matériaux

Ce sont les matériaux qui forment le bijou lui-même, et qui reçoivent les pierres, lorsqu’il y en a. Certains pourront être fondus, soudés, collés, usinés, tissés, etc.

Nous pouvons les classer dans trois catégories :

  • Les métaux précieux se définissent par leur portée économique. La réglementation française reconnait comme métaux précieux l’or, l’argent, le platine, et suivant les sources le palladium ou le vermeil.
  • Les autres métaux, comme l’acier inoxydable ou chirurgical, le titane, le bronze, le laiton, les alliages de cuivre, mais aussi les métaux portant les appellations « rhodié », « gold filled » ou « silver filled », ainsi que « plaqué or »,  « doré à l’or fin » ou « flash or ». Ils se démarquent souvent par des propriétés mécaniques, hypoallergéniques, ou simplement leur beauté et leur durabilité.
  • Les autres matières, comme les aciers (hors acier inoxydable ou chirurgical), le plastique, la résine, l’aluminium, et les métaux issu de filières de recyclage (hors métaux précieux), mais aussi le cuir, le tissu, les fils de coton, et bien d’autres.

La bijouterie et la joaillerie utilisent les métaux précieux et les métaux et alliages des deux premières catégories. La bijouterie fantaisie utilise plutôt la troisième catégorie. Mais ce n’est pas une règle suffisante, car les techniques de fabrication doivent être prises en compte.

Le prix, un élément significatif ?

Il n’est pas possible de prendre le prix d’un bijou comme seul critère pour savoir si vous avez à faire à de la bijouterie fantaisie, de la bijouterie conventionnelle, ou de la joaillerie. Certes, pour la joaillerie, les prix peuvent attendre des montants très élevés, là où la bijouterie fantaisie industrielle sera souvent très accessible.

Une partie du prix est influencé par :

  • le choix des matériaux : Plus les métaux sont rares ou nécessitent des techniques élaborées et plus les prix sont chers ;
  • Le choix des pierres s’il y en a : plus elles sont rares et travaillées, plus elles sont chères ;
  • Les techniques de fabrication choisies ;
  • Le nombre de pièces fabriquées.

Ce dernier point est important : un bijou émis à un seul exemplaire coûtera plus cher que s’il en existe plusieurs exemplaires. En effet, le coût de conception (l’étude, la recherche de matériaux, la mise au point) et le coût de fabrication sont répartis sur le nombre de pièces réalisées :

  • S’il y a 5 pièces, ils sont divisés par 5.
  • S’il n’y en a qu’une, ils entrent dans leur totalité dans le calcul du prix de vente.

Le temps et les savoir-faire nécessaires pour la fabrication sont également des éléments importants pour établir le prix de vente d’un bijou.


comment faire la différence ?

Si le prix n’est pas suffisant pour établir de manière nette la différence entre la bijouterie fantaisie, la bijouterie conventionnelle ou la joaillerie, tournons-nous vers le marché et les usages de la mode.

Peut-être que la Joaillerie est le domaine qui est le plus facile à définir puisqu’il utilise des métaux et des pierres précieuses, met en œuvre des savoir-faire de très haut niveau et produit des parures particulièrement belles. La joaillerie fait appel à des techniques de fonderie, sculpture, brasure et soudage. Les bijoux réalisés sont des pièces uniques ou à très faible tirage.

La Bijouterie utilise des métaux précieux, des pierres précieuses ou des pierres fines, avec des techniques plus variées que celles de la Joaillerie, certaines étant communes aux deux domaines, d’autres complémentaires. Les savoir-faire sont de haut niveau, voire de très haut niveau. En effet, la frontière entre la Bijouterie et la Joaillerie est difficile à définir. La Bijouterie, comme la joaillerie, fait appel à des techniques de fonderie, sculpture, brasure et soudage, mais pas seulement. Les bijoux réalisés peuvent aller de la pièce unique ou à faible tirage, jusqu’à plusieurs centaines de pièces. L’industrialisation de la fabrication est courante. C’est peut-être lorsque le nombre de pièces fabriquées est faible, et la réalisation particulièrement technique, que l’on peut rapprocher la bijouterie de la joaillerie, voire les confondre.

En matière de bijouterie fantaisie, il y a 2 écoles.

La bijouterie fantaisie la plus courante n’utilise pas de matériaux précieux, ni de pierres naturelles. L’industrialisation des pièces est très répandue, et les bijoux sont souvent produits en série, à plusieurs milliers voire centaines de milliers d’exemplaires, ce qui permet de réduire fortement les coûts. On peut donc en déduire que la bijouterie fantaisie est peu coûteuse. C’est tout de même une vision très réductrice.

Il y a également la bijouterie fantaisie artisanale, que certains appellent aussi la "Haute Fantaisie". Ces bijoux sont fabriqués par des artisans qui n'utilisent ni matériaux précieux, ni pierres naturelles, et réalisent des pièces uniques ou en petites quantités.

Il existe des créateurs en bijouterie fantaisie qui réalisent de véritables œuvres-d’art dignes d’être classés en bijouterie.

Il est donc difficile de donner un ordre d’idée pour le prix attendus dans chaque catégorie de bijoux.

S’il fallait les différentier, je proposerais cette analogie avec le domaine de la mode :

  • la bijouterie fantaisie est la « Fast-fashion » ;
  • la bijouterie conventionnelle et la haute fantaisie sont le « Prêt à Porter » ou la «Couture de Créateur » ;
  • la joaillerie en est la « Haute Couture », ou la gamme « de Luxe ».
Et le wire-wrapping ?

Le Wire Wrapping fait partie des techniques qui peuvent être utilisées en bijouterie fantaisie comme en bijouterie conventionnelle.

La différence tient essentiellement aux matières utilisées, à leur durabilité, à la complexité du bijou et aux savoir-faire mis en œuvre pour le réaliser, mais aussi au nombre d’exemplaires produits pour un même modèle.

C’est également une technique manuelle, dont la réalisation est artisanale, et qui ne peut pas être mécanisée ou industrialisée. Les bijoux réalisés avec cette technique sont des pièces uniques ou à faible tirage. Mais même sur deux pièces de la même série, vous trouverez toujours des différences entre deux bijoux : c’est l’essence même d’un travail manuel.

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